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Quelques personnalités… :

José Gabriel Condorcanqui Noguera ou Túpac Amaru II (1742-1781)
Se réclamant du souvenir de Túpac Amaru I, José Gabriel Condorcanqui Noguerason a repris le combat du dernier empereur inca et amorcé la révolte des indigènes contre l’oppression hispanique.

Ce patronyme prestigieux, endossé deux fois à deux siècles d’écart, a acquis une dimension mythique au point d’être connu au-delà de la seule Cordillère des Andes: Túpac Amaru, le « Serpent royal » en quechua, est le symbole majeur de la résistance à l’oppression -hispanique, puis quelle que soit son origine, des laissés-pour-compte péruviens et sudaméricains en général, des masses amérindiennes de toute la région en particulier. Sa célébrité n’a d’égale que sa force de séduction.
Né en 1738 à Surimana, entre les vallées de Cuzco et l’altiplano haut-péruvien (actuelle Bolivie), José Gabriel Condorcanqui Noguera est issu d’une famille aisée de la vice-royauté du Pérou colonial. Très jeune, ce métis perd son père.
Envoyé au collège de Saint-François-Borgia de Cuzco, tenu par les Jésuites qui rayonnent alors en Amérique latine, il reçoit la meilleure éducation qui soit : celle dispensée aux fils de dignitaires indigènes. Puis, il suit les cours de l’université San Marcos de Lima, la plus ancienne du continent.
Préparé aux hautes fonctions que son rang lui permet, il participe pleinement du mouvement général qui touche les Andes au cours du siècle des Lumières : « la renaissance inca » permet aux descendants de l’empire conquis en 1532 par le conquistador Francisco Pizarro de relever la tête et, par mimétisme, nombre de délaissés de la société coloniale s’identifient à ce glorieux passé. José Gabriel est sensible à ce courant d’idées, surtout lorsqu’il observe la dure réalité qui l’entoure.
Ceux-ci le prirent au mot et l’écartelèrent, comme son modèle…

Manco Capac
Voici la légende qui fonda tout un empire… :
Sur les terres qui se trouvent au nord du lac Titicaca, des hommes vivaient comme des bêtes féroces. Ils n’avaient pas de religion, ni de justice, ni de villages. Ces êtres ne savaient pas cultiver la terre et vivaient nus. Ils se réfugiaient dans des cavernes et se nourrissaient de plantes, de baies sauvages et de viande crue.
Inti, le dieu Soleil, décida qu’il fallait civiliser ces êtres. Il demanda à son fils Ayar Manco et à sa fille Mama Ocllo de descendre sur la terre pour bâtir un grand empire. Ils enseigneraient aux hommes les règles de la vie civilisée et leur apprendrait à vénérer leur dieu créateur, le Soleil.
Mais avant, Ayar Manco et Mama Ocllo devraient fonder une capitale. Inti leur confia une baguette d’or en leur disant ceci :
– Depuis le grand lac, où vous arriverez, marchez vers le nord. Chaque fois que vous vous arrêterez pour manger ou dormir, plantez cette baguette d’or dans le sol. Là où elle s’enfoncera sans le moindre effort, vous bâtirez Cuzco et dirigerez l’Empire du Soleil.

Le lendemain matin, Ayar Manco et Mama Ocllo apparurent entre les eaux du lac Titicaca.
Un matin, arrivés dans une belle vallée entourée de montagnes majestueuses, la baguette d’or s’enfonça tout doucement dans le sol. C’était là qu’il fallait construire Cuzco, le « nombril » du monde, la capitale de l’Empire du Soleil.
Ayar Manco s’adressa aux hommes qui les entouraient et commença à leur apprendre à cultiver la terre, à chasser, à construire des maisons, etc…
Mama Ocllo s’adressa aux femmes et leur apprit à tisser la laine des lamas pour fabriquer des vêtements. Elle leur enseigna aussi à cuisiner et s’occuper de la maison…
C’est ainsi que Ayar Manco, devenu Manco Capac, en compagnie de sa soeur Mama Ocllo, s’assit sur le trône du nouvel Empire du Soleil. A partir de ce jour, tous les empereurs Incas, descendants de Manco Capac, gouvernent leur empire avec leur sœur devenue épouse.

Simón Iturri Patiño (1862-1947)
Simón Iturri Patiño était un industriel bolivien qui était parmi les hommes les plus riches du monde à l’heure de sa mort. La fortune étant établi de la propriété d’une majorité de étain l’industrie en Bolivie, Patiño a été surnommée « le Rockefeller andin ». Pendant la deuxième guerre mondiale, on a pensé que Patiño est l’un des cinq hommes les plus riches au monde.

De lui, on sait qu’il est né en 1862 – ou en 1860 – dans une famille très pauvre de la province de Cochabamba, que du sang espagnol et indien coule dans ses veines et qu’il commence à travailler très jeune comme conducteur de mules dans les montagnes boliviennes.
C’est là, en 1894, que son destin bascule. Cette année-là, il accepte d’un prospecteur, en paiement d’une dette de 250 dollars, les titres de propriété d’une mine d’étain désaffectée. La mine regorge de minerai d’étain ! Un minerai que Patiño et son épouse, raconte l’histoire – ou la légende – commence à exploiter eux-mêmes, travaillant 18 heures par jour.
Ainsi commence l’étonnante histoire de Simon Patiño et, avec elle, celle de l’exploitation de l’étain bolivien à une échelle inconnue jusque-là.
Dans les dix années qui suivent, Patiño met la main sur plusieurs gros gisements boliviens, s’assurant ainsi le contrôle de plus de la moitié de la production bolivienne.
Son extraordinaire ascension s’accélère au lendemain de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, Simon Patiño rachète ainsi des mines en Malaisie et au Nigeria avant de se lancer dans le raffinage du minerai. Son coup de maître, il le réussit en Grande-Bretagne en prenant le contrôle de la plus grande fonderie d’étain du monde, la Williams Harvey and Co., implantée à Liverpool. A la fin des années 1920, l’« empire Patiño » contrôle plus de 10 % de la production mondiale d’étain, s’étend sur presque tous les continents et emploie plus de 20.000 ouvriers. Les bénéfices réalisés sont considérables. Extrait au prix de 350 dollars en moyenne au milieu des années 1920, la tonne d’étain en provenance de ses mines est revendue sur les marchés internationaux 1.400 dollars !
Sa fortune, estimée à 500 millions de dollars, est supérieure au budget de l’Etat bolivien !!!

Julio C. Tello (1880-1947)
C’est l’autre grand pionnier des études archéologiques péruviennes avec Max Uhle. Médecin et anthropologue péruvien, directeur jusqu’en 1947 du Musée National d’Anthropologie et d’Archéologie de Lima, on lui doit d’innombrables découvertes à Chavin, Paracas, Huari, Cerro Sechin, et dans maints autres endroits des Andes et de la côte.

Tello, qui fut surtout le grand découvreur des civilisations de Chavin et de Paracas, estimait que le tronc commun de toutes les hautes cultures péruviennes ne pouvait être recherché que dans les régions amazoniennes, d’où l’homme, d’abord chasseur et recollecteur, avait progressivement émergé pour conquérir les vallées andines à la recherche de meilleures conditions de vie.

Son explication du développement des civilisations péruviennes de la Période Formative est déterminée par sa théorie de la diffusion de l’Orient vers l’Occident : les cultures des Andes orientales sont les plus anciennes; elles sont suivies par les cultures des Andes occidentales, puis par celles de la côte, issues des précédentes, le tout finalement englobé dans l’empire des Incas.

Sa chronologie des civilisations andines, publiée en 1942, a influencé beaucoup de chercheurs par la suite.

Martin Chambi (1891-1973)
Péruvien de naissance, Martín Chambi, le petit mineur devenu grand photographe, est le premier photographe indien à avoir immortalisé, à travers l’objectif, le peuple auquel il appartient et s’identifie avec fierté.
Son œuvre, non seulement importante par sa valeur artistique mais aussi par le témoignage anthropologique qu’elle offre, révèle la dimension magique qui habite cette culture ancestrale, tellurique et multicolore.
Il est aujourd’hui reconnu comme le plus prestigieux des photographes indo-américains du XXe siècle et a fait l’objet d’une exposition posthume au Musée d’Art Moderne de New-York, en 1979.
Riche de quelque 30 000 clichés de qualité exceptionnelle, l’œuvre méconnue de Chambi a mis à nu la complexité sociale du monde andin
Martin Chambi est aujourd’hui reconnu comme le plus grand photographe amérindien.
Martin Chambi explore les variations de lumière et d’éclairage, la mise en scène des portraits, et la manière particulière qu’il a de traiter ses
modèles, à la fois humble et très attentive à leur personnalité, rend son studio extrêmement populaire auprès de toutes les couches de la société. Photographe engagé, reporter, il a joué un rôle important dans la prise de conscience de l’identité
culturelle des Indiens en portant un nouveau regard, respectueux et poétique, sur la culture indigène.

Guillermo Lora (1921-2009)
Guillermo Lora était l’une de ces figures dont le nom incarne à tort ou à raison un courant, une organisation, voire une culture politique.
De cette génération, proche du décès de Guillermo Lora, s’est d’ailleurs produit, le 27 avril 2009, celui de Hugo Gonzales Moscoso (1922-2009) qui fut un peu, du point de vue des « internationales trotskystes », son frère ennemi après avoir longtemps été son camarade.
Mais Guillermo Lora est unique car il fut aussi, et dans son cas ceci est indissociable de son « statut » de grande figure du trotskysme, une sorte d’incarnation de la conscience du prolétariat bolivien, en particulier du prolétariat minier de l’Altiplano andin, pendant plusieurs décennies. Au point qu’il était devenu sur son grand âge un peu une icône nationale, une composante du complexe sentiment national bolivien, et que sa perte a été ressentie en Bolivie comme un chagrin national même chez ceux qui le méprisaient ou le craignaient, la presse, qui semble t’il ne le craignait plus guère mais qui frissonne encore à l’idée de ce qu’il représenta, ayant salué en son décès le départ du « dernier bolchevik ».