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Au bout du tunnel, la mer

La Bolivie a perdu son accès maritime lors de la guerre qu’elle a soutenu aux côtés du Pérou entre 1879 et 1883 contre le Chili. Cette guerre est connue sous le nom de Guerre du Pacifique.
Au nord de ses frontières, le Chili attaqua le Pérou et la Bolivie: Une première fois en 1836-1839, une seconde fois en 1879-1883. Le premier conflit chercha à empêcher la réunion du Pérou et de la Bolivie au sein d’une confédération; le second visa à annexer une région riche en salpêtre, substance qui servait à l’époque à la fabrication des explosifs et des engrais.
Le gouvernement Anglais a soutenu l’expansionnisme Chilien dans cette seconde guerre fratricide afin de s’opposer aux accords entre la Bolivie et le II éme Reich Allemand qui se fournissait en nitrates en Bolivie et qui finançait le développement des industrie extractives et chimiques Boliviennes.

Aujourd’hui, sans accès à la mer, la Bolivie ne peut pas envisager d’exporter son gaz naturel vers la zone Asie Pacifique de manière indépendante.

Trois architectes chiliens ont imaginé un projet technique audacieux pour rendre à la Bolivie un accès à la mer: un tunnel. Long de 150 kilomètres, celui-ci partant de Bolivie et débouchant sur une île bolivienne artificielle au milieu d’une mer qui serait tri national, réglerait aussi les conflits maritimes entre le Pérou et le Chili.
Les relations du Chili avec ses voisins du nord sont compliquées. Le Pérou a intenté une action en justice contre le Chili au sujet de leur frontière maritime. Et la Bolivie continue à réclamer un accès à la mer. Cette situation soulève d’épineux problèmes politiques.

Avec ce tunnel, la Bolivie posséderait enfin un débouché vers la mer, lui permettant d’exporter ses matières premières, hydrocarbures et minerais surtout. Le Pérou gagnerait une extension de ses eaux territoriales et le Chili réglerait son contentieux avec ses voisins tout en gardant un droit sur la zone litigieuse.
Les concepteurs du projet envisagent de construire la nouvelle île avec le déblai du tunnel, ou également en utilisant la technique employée pour les îles flottantes du lac Titicaca, réalisées grâce à la «totora», une sorte de jonc flottant.

L’île appartiendrait à la Bolivie. Autour d’elle, une nouvelle mer comprenant la zone disputée, serait créée et administrée par les trois pays.
Une partie de l’ouvrage serait réservée au chemin de fer.
Un gazoduc pourrait également desservir l’île afin de faciliter les exportations de gaz bolivien, notamment, qui approvisionne toute la région.
Il est prévu que la Bolivie soit le principal investisseur du projet.
Un pays sans port perd chaque année entre 0,6 % et 1 % de son PIB. Selon ces calculs, la Bolivie a donc perdu 4 milliards de dollars au cours des dix dernières années. Elle pourrait donc financer le tunnel en dix ans. Le projet est titanesque, mais, pour les experts, il n’a rien d’utopique. Du point de vue technique, il est parfaitement envisageable aujourd’hui de construire un tel ouvrage; il en existe déjà de similaires: le canal de Suez, le canal de Panamá et le tunnel sous la Manche par exemple.
Mais les grandes difficultés seront certainement politiques…