Encore aujourd'hui, la feuille de coca est partout dans les échanges andins. On voit encore des paysans avec la boule à la joue, ou saluer la montagne avec 3 feuilles de coca dans la main.

La coca est la feuille sacrée du peuple andin

Dans l’univers mental des indiens, il y a trois mondes en interaction : celui des d’en haut, le monde des dieux ; celui du milieu où nous vivons tous et celui d’en bas. Entre ces 3 mondes, l’échange spirituel est permanent et la feuille de coca y est toujours présente. Sans elle, l’interaction entre les 3 mondes n’est pas possible. Elle est ainsi offerte à la Pachamama (Terre-Mère) pour la remercier d’une bonne récolte. Les moments symboliques de la vie humaine s’accompagnent toujours d’offrandes de coca (la mort, le mariage, la naissance).


Feuilles de coca

Les feuilles de coca sont mâchées, chiquées, et ont aidé depuis des centaines d’années les Indiens des Andes a supporter les dures conditions de vie de l’Altiplano et les travaux forcés des colonisateurs espagnols.
 Elle demeure donc encore aujourd’hui un élément symbolique fort, à valeur d’échange terrestre entre les communautés des montagnes et des vallées, et symbolique avec les autres mondes.


On rencontre les cultures de la feuille de coca principalement dans la zone équatoriale et tropicale humide (entre 300 et 2 000 m) de l’Amérique du Sud (Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie, Brésil), sur les premières pentes des Andes (les Yungas), et la plaine amazonienne.


Infusion de feuilles de coca, stimulant naturel

La feuille de coca est, scientifiquement parlant, un stimulant, pas un narcotique, ne créant pas de dépendance. La mâcher diminue fortement les caries, augmente la résistance physique, diminue la faim et alimente la personne qui la mâche. Au niveau nutritionnel, 100 gr de coca bolivienne suffisent à satisfaire les besoins journaliers en calcium, fer, phosphore, vitamine A et B2.


Récolte de la feuille de coca

En 1961, les Nations Unies inscrivaient la feuille de coca sur la liste des drogues… Et en 1971, l’OEA (Organisation des États Américains) en interdit la culture, la consommation, la commercialisation et à fortiori l’exportation. Or la « drogue » visée est en fait la cocaïne, issue de la feuille de coca après un long et compliqué processus chimique de transformation. Interdire la feuille de coca relève d’une politique qui nie les droits ancestraux et la culture des paysans descendants des Aymaras, Incas et autres peuples précolombiens, pour satisfaire les besoins politiques de l’occident.


Evo Morales défend la coca

Evo Morales, le président Bolivien, a fait inscrire dans la Constitution ratifiée en janvier 2009, la dépénalisation de la coca en la nommant « patrimoine culturel des peuples andins ». Depuis 2011, Evo Morales milite pour la légalisation de la mastication de la feuille de coca. Il avait d’ailleurs qualifié son inscription sur les listes de stupéfiants d’ « erreur historique ».


Sur le lac Titicaca et sur l’île de Taquile, pour se saluer, l’échange de feuilles de coca remplace la poignée de main entre les hommes.

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